Accueil Médias Focus Vif - 5 novembre 2010

PDF Imprimer Envoyer
Logo du magazine Focus Vif - BelgiqueFocus Vif - Nadine Monhls - 5 novembre 2010

Avec des mains cruelles
de Michel Quint

Un banal fait divers, lié à une jalousie amoureuse, fera 3 morts lors d'une prise d'otages dans un lycée de Lille. Géry en veut à Louise de l'avoir plaqué pour David. La rage au coeur, il foncera dans le désespoir, arme au poing et tuera celle qu'il aime ainsi que la mère de son amant et Rop Claassens, un célèbre reporter photographe de guerre, venu parler de son boulot. Photo de Michel Quint illustrant l'article paru dans Focus Vif - Belgique La maison de Rop sera rachetée par Dom, petit-fils d'un brasseur collabo qui lui a légué le bar Dominus Bier et son associée, Judith, promoteur immobilier, blessée à vie par l'extermination de ses grands-parents à Auschwitz. Avec l'aide de Laura, nouvelle serveuse au passé douteux, Dom et Judith vont découvrir qu'une fille (celle de Pop Claassens?) a vécu dans la maison du photographe avant de disparaître mystérieusement.
En fouillant dans les archives de Rop, ils soulèveront les jupons noirs de 50 ans d'histoire, depuis les premiers exploits de la bande à Bonnot au temps de ses idéaux anarcho-pacifistes jusqu'aux SS wallons de Léon Degrelle en passant par la chute du mur de Berlin pour finir par les dérives effrayantes de l'époque actuelle.
Michel Quint est un auteur unique. Il a un univers teinté de sombre dérision et de désespoir lumineux. "Nos visages ne sont que des masques de la mort! Elle est dessous, même sous les sourires les plus séduisants." Bacon, Ensor et Spilliaert ne sont pas loin.
Auteur d'un livre sublime (Effroyables jardins, porté au cinéma par Jean Becker), il nous entraîne ici dans un tourbillon qui part du centre et évolue en circonvolutions vers le macrocosme de la grande Histoire. Il tente de déterrer un reste d'enfance et d'humanité au plus profond des démons qui s'emparent des âmes perdues. Son style à la fois puissant et poétique, sans concessions, d'une ténébreuse beauté et d'une grande sensibilité, nous embarque dans la dérive d'un monde qui ne nous laissera jamais de répit, sauf "le temps d'un battement de coeur".
NADINE MONHLS