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Aimer à peine (Joëlle Losfeld)Aimer à peine

Joëlle Losfeld (février 2002)

"Oui, je veux vous aimer mais vous aimer à peine", lui a-t-elle murmuré sur un air de tango. Peu importe la peine, peu importe même que la demoiselle soit allemande et que les attentats terroristes ensanglantent Munich et ses Jeux olympiques en cet été de 1972, le narrateur tombe illico amoureux. Et le passé de lui remonter en pleine figure dans cette Allemagne profonde où, à l'image d'Inge sa jeune Lorelei férue de Camus et d'Apollinaire, l'on n'en finit pas de culpabiliser et de tenter de laver la honte et la barbarie d'autrefois. D'autant que le hasard s'en mêle ! Ainsi, le jeune homme croise la route d'un vieil officier allemand, celui-là même qui quelques années auparavant arrêta et déporta son père, le clown héroïque d'Effroyables jardins. Comment réagir alors face à ce bourreau, qui, l'âge aidant, a perdu de sa prestance, mais se réfugie toujours derrière l'honneur du devoir accompli ? Pardonner ? Impossible ! Se venger ? Déplacé. Le fils se contentera de partir à reculons, hanté par une question : comment aurait réagi son père ? Sans doute aurait-il chaussé son nez rouge pour dénoncer le ridicule de la situation. La question demeurera sans réponse puisque le père tire sa révérence avant de connaître le mot de la fin…
Non pas la suite, mais le second volet d'Effroyables jardins, Aimer à peine apporte un nouvel éclairage à ce premier récit et confirme que Michel Quint est un bien bel écrivain. En quelque soixante-dix pages, mêlant le patois lillois à une écriture sobre et ramassée, interrogeant inlassablement le passé, il nous conte la grande histoire à hauteur d'hommes, rendant un hommage teinté d'admiration et de tendresse à la dignité des petites gens. Ces héros très discrets qui, tels les Adrian et Roselyne de son récit, ont choisi de dire non à la haine, se rendant par là même simplement exceptionnels d'humanité. De cette précieuse humanité le regard que Michel Quint porte sur eux regorge, et c'est probablement ce qui n'en finit pas de nous toucher dans ce petit livre, comme dans le précédent.
Laurence Demurger


Quatrième de couverture

En 1972, au moment des attentats terroristes aux jeux olympiques de Munich, le narrateur (le jeune garçon d' Effroyables jardins prépare un mémoire sur les coulisses politiques du milieu sportif. À cette occasion, il rencontre l'officier allemand qui fut à l'origine de l'arrestation de son père et de ses amis. Se pose alors la question de la responsabilité de la culpabilité d'autant que le narrateur vit une histoire d'amour avec une jeune allemande...